De qui s'y colle, s'y pique à mes populations de Tikis

1ère période 90'/2010 - "Qui s’y colle … s’y pique"

Depuis les années 90, je pratique en autodidacte, le collage.

Collage simple ou technique mixte, je crée des images nouvelles : déconstruction – reconstruction de l’image, sont à la base de ma recherche d’artiste pour proposer un regard sensible sur le monde.

L'art du collage consiste à composer un univers à soi à partir d’images existantes. De tout temps et tous horizons, les artistes ont utilisé le collage pour donner libre court à leur ressenti, hors toute contrainte technique.

Mes premiers travaux correspondent à une recherche d’esthétisme au travers des formes et des couleurs assemblées. Cette période propose des images qui interrogent une intériorité de femme d’aujourd’hui, qui font écho à une sensibilité qui ne veut retenir du monde que sa sensualité.

Désirs, rêves, peurs, fantasmes, ouvrent sur des émotions à partager. La toile parle à celui qui la regarde, avec ses mots à lui.

2ème période, depuis 2011 - «Comme les rêves, comme la vie toute faite de morceaux, ces méditations sont un reflet de moi-même » Gauguin arrivant aux marquises.

J'ai eu le bonheur, l'immense privilège de faire également un voyage aux Iles Marquises en 2011. J'y ai rencontré les Tikis.
Les Tikis Marquisiens sont des géants de pierres que l’on trouve sur les anciens lieux de cultes.
Sur l'ile d'Iva Oa, dans la vallée de Puamau, se trouve Takaii, le plus grand de tous. Il mesure plus de 2 mètres. Depuis ma rencontre avec lui, je m’efforce chaque jour d’apprivoiser le « Mana », cette force que je pense, il m'a offerte.

Par une succession de stylisations à partir de Takaï, j’ai conçu mon « petit tiki de pierre» ; mon gri-gri personnel en quelque sorte.

Je l'ai construit en trois parties :
• un socle fait de pieds massifs,
• un corps constitué d’empilements plus ou moins réguliers,
• une tête, précieuse, éclairée de grands yeux pour voir loin et assurer protection.
A partir de mon Petit Tiki de pierre, j’ai pu alors m’autoriser à représenter le Grand Tiki.

Pour les Marquisiens, les Tikis sont l’émanation de l’esprit humain « Enana ».
Ils ne sont pas des dieux mais peuvent offrir à l’homme de représenter une émanation dans laquelle il puise et nourrit sa force, son « mana ». Ce peut être un ancêtre, un élément naturel, une idée, etc.
Peut-être parce que j’ai traversé la planète pour rencontrer Takaii, l’émanation qui a porté mon travail a été le chemin. Le chemin qui débute à un bout et va jusqu’à sa fin ; le chemin qui symbolise pour moi la force de l’engagement et de la fidélité.

Dans la poursuite de mon travail, j’ai conçu des triptyques, dans lesquels chacun des Tiki représente une borne de ce chemin :
• les origines venues d’un passé lointain : le "depuis toujours" ;
• le cours actuel de la vie : le "toujours présent" ;
• la promesse d’un devenir : le "pour toujours".
Différentes matrices me permettent de dupliquer à l’infini des Tikis. J'utilise pour l’instant deux formats, un grand et un petit.
L’effet d’empilement me permet la permutation des couleurs d'une palette donnée. Permutations que j'ai systématisées en utilisant la méthode de dénombrement et d’arrangement.
Je donne ainsi naissance à des « populations » de Tikis qui me permettent d’illustrer le pouvoir des hommes à être tous les mêmes et pourtant tous différents.

Au fur et à mesure de leur conception, vous pourrez retrouver ces réalisations sur mon site http://artiste-cactus.com/galerie.php ainsi que sur la page de l’album Tikis de ma galerie virtuelle http://www.ipernity.com/doc/cactus/album/516253